Relier au vécu du visiteur
Toute interprétation qui ne relie pas ce qui est présenté à quelque chose dans la personnalité ou l'expérience du visiteur reste stérile.
Plutôt que de présenter la Cistude d'Europe comme une simple fiche espèce, l'analogie de la « carte d'identité protégée » (C6.2, leçon 5) relie le statut réglementaire à une expérience familière du quotidien des élèves.
L'information n'est pas l'interprétation
L'information, en tant que telle, n'est pas de l'interprétation. L'interprétation est une révélation fondée sur l'information — ce sont deux choses entièrement différentes, même si toute interprétation inclut de l'information.
Communiquer la date de fermeture de la pisciculture (1987) est une information ; raconter, à travers le témoignage d'un ancien pêcheur, ce que ce lieu représentait avant son abandon est une interprétation qui donne sens à cette date.
L'interprétation est un art
L'interprétation est un art, qui combine plusieurs arts, que les contenus présentés soient scientifiques, historiques ou architecturaux. Comme tout art, elle peut, dans une certaine mesure, s'enseigner.
Le conte introductif sur la jeune Cistude (C6.2, annexe techniques d'animation — activités art et nature) illustre cette dimension artistique mobilisée au service d'un contenu scientifique rigoureux.
Provoquer plutôt qu'instruire
Le but premier de l'interprétation n'est pas l'instruction, mais la provocation — susciter la curiosité et l'envie d'aller plus loin, plutôt que délivrer un contenu exhaustif.
Le temps d'immersion silencieuse (C6.2, leçon 1) provoque délibérément des questions chez les élèves avant d'y répondre, plutôt que de commencer par un exposé complet sur la zone humide.
Présenter un tout, pas une partie
L'interprétation doit viser à présenter un tout plutôt qu'une partie, et s'adresser à la personne entière plutôt qu'à un seul aspect d'elle-même.
C'est la justification même de l'approche bioculturelle du site (leçon 6) : la Cistude n'est pas présentée isolément, mais reliée à l'histoire de la pisciculture, à la mémoire locale et au fonctionnement de la zone humide dans son ensemble.
Un programme distinct pour les enfants
L'interprétation destinée aux enfants (jusqu'à environ douze ans) ne doit pas être une simple dilution de la présentation destinée aux adultes, mais suivre une approche fondamentalement différente, avec un programme dédié.
La séquence conçue pour les CM1-CM2 (immersion sensorielle, jeu de piste, conte, apport scientifique court) n'est pas une version simplifiée d'une conférence pour adultes : elle est pensée dès l'origine pour ce public, conformément à la typologie des publics établie en C6.1.