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Bloc B8 — C8.2 Participer à un processus de concertation › Module C8.2 · Leçon 2.3

📘 Leçon 2.3 · Module C8.2

Mobiliser les acteurs — identifier et confronter les points de vue

Mobiliser les acteurs, ce n'est pas les convoquer à une réunion. C'est identifier leurs points de vue, comprendre pourquoi ils sont là, s'assurer que personne n'a été oublié — et créer les conditions pour que des positions très différentes puissent se confronter sans se détruire.

⏱ 40 minDurée estimée
C8.2 — critère 1Points de vue /6 + dynamiques /6
4 tempsSavoir · Être · Faire · Évaluation
① Savoir ② Savoir-être ③ Savoir-faire ④ Évaluation
📘

① Savoir

Identifier, caractériser et confronter les points de vue

Le premier critère de C8.2 évalue deux choses liées : l'identification des points de vue des acteurs et leur mise en confrontation. Ces deux indicateurs ensemble valent /6 points. Ils correspondent à la phase centrale de la mobilisation — entre le cadrage (leçon 2.2) et l'animation de réunion (leçon 2.4).

Identifier un point de vue, c'est plus que noter une position. C'est comprendre les valeurs, les intérêts, les peurs et les représentations qui structurent cette position — ce que la leçon 1.3 appelait la logique d'action. Confronter des points de vue, c'est créer les conditions pour qu'ils se rencontrent sans s'anéantir — ce qui est l'art de la concertation.

📌 Notion clé — Point de vue vs. position

Ce que le jury attend quand il demande "les points de vue"

Un point de vue est plus riche qu'une simple position (pour/contre). Il inclut : la représentation que l'acteur a de la situation, les valeurs qui fondent son jugement, les intérêts qu'il cherche à défendre, et les craintes qui motivent sa résistance. C'est ce que C8.2 demande d'identifier et de mettre en confrontation.

Le référentiel M8 souligne que "le repérage des enjeux peut être effectué en analysant les discours des acteurs qui révèlent leurs positionnements." Le point de vue se dégage du discours — il ne se lit pas dans un sondage.

Points de vue des acteurs — Tourbière du Lac Noir

Sélectionne un acteur pour voir son point de vue complet et son analyse

Société de Chasse de la Tourbière — 47 membres, bail jusqu'en 2029
"On chasse ici depuis 40 ans. Ce n'est pas un projet bureaucratique qui va nous faire partir. Si l'extension passe en zone de non-chasse, c'est notre identité qu'on perd. Et les animaux, on les connaît mieux que n'importe quel naturaliste de bureau."
Analyse du point de vue :
Représentation
La forêt adjacente = territoire de chasse légitime, non comme milieu naturel à protéger
Valeur centrale
Identité territoriale + savoir-faire local ("on connaît les animaux")
Intérêt
Maintien du bail de chasse jusqu'en 2029 au minimum ; reconnaissance de leur expertise
Crainte principale
Dépossession progressive du territoire — même avec les autres espaces de chasse restants

💡 Levier de dialogue : leur expertise terrain sur la faune est une ressource réelle pour le diagnostic. La reconnaître formellement (inviter un représentant dans le groupe de suivi écologique) peut transformer une opposition en coopération partielle.

ONF — Agence Haut-Rhin, responsable des 30 ha de forêts concernés
"On a des objectifs de production et des coupes programmées sur ces parcelles jusqu'en 2026. Si le SGT veut les intégrer dans la réserve, il faut nous indemniser pour le manque à gagner. Et nous faire confiance sur la gestion forestière — on sait aussi gérer la biodiversité."
Analyse du point de vue :
Représentation
La forêt = ressource à gérer durablement — pas nécessairement incompatible avec la biodiversité, mais soumise à des contraintes de production
Valeur centrale
Légitimité de la gestion forestière professionnelle ; efficacité économique
Intérêt
Compensation financière des coupes non réalisées ; reconnaissance de leur capacité à gérer la biodiversité forestière
Crainte principale
Être présentés comme "destructeurs de biodiversité" alors qu'ils se voient comme gestionnaires compétents

💡 Levier de dialogue : l'ONF peut devenir un partenaire de gestion de la biodiversité forestière si on reconnaît leur expertise et qu'on trouve un mécanisme d'indemnisation. L'opposition n'est pas sur la finalité (biodiversité) mais sur les moyens (qui gère comment).

Syndicat de Gestion de la Tourbière — porteur de la démarche
"Les données écologiques sont claires : sans extension et sans restauration des zones drainées, la tourbière perdra 30% de sa surface d'ici 20 ans. On a l'obligation de protéger. Et les financements sont là — on ne comprend pas pourquoi chasseurs et forestiers bloquent un projet qui bénéficiera à tous."
Analyse du point de vue :
Représentation
La tourbière = patrimoine naturel menacé qui prime sur les usages économiques et récréatifs
Valeur centrale
Conservation — les données scientifiques doivent guider les décisions
Intérêt
Extension de la RNR + restauration hydraulique + financement Région acquis
Angle mort
La phrase "on ne comprend pas pourquoi" révèle une incompréhension des logiques d'acteurs opposants — risque de sous-estimer leur résistance

💡 Point critique : en tant que porteur de la concertation, le SGT ne doit pas présenter son propre point de vue comme le seul rationnel ("les données sont claires"). Cette posture ferme le dialogue avant qu'il commence.

Association naturaliste "Biodiversité Vosges" — 180 adhérents, suivi du site depuis 15 ans
"La tourbière est l'un des derniers habitats de ce type dans le Haut-Rhin. Chaque année de retard, c'est des espèces qu'on perd. La chasse doit cesser sur les zones de nidification — point. Et l'ONF doit arrêter ses coupes à blanc dans les lisières. On ne peut pas négocier sur des espèces protégées."
Analyse du point de vue :
Représentation
La tourbière = écosystème irremplaçable dont la protection ne souffre aucun compromis
Valeur centrale
De valeurs — défense d'une cause écologique perçue comme urgente et non négociable
Apport
15 ans de données de suivi écologique ; expertise reconnue sur les espèces
Risque
Position de principe ("on ne peut pas négocier") incompatible avec une démarche de concertation — peut devenir un obstacle si elle est portée en réunion plénière sans nuance

💡 Stratégie : valoriser l'expertise technique de l'association dans les groupes de travail scientifiques plutôt qu'en plénière où sa position de principe risque de bloquer le dialogue avec les chasseurs.

Commune — élu référent, membre fondateur du SGT
"On soutient le projet depuis le début. Mais on a aussi des chasseurs parmi nos administrés, et des familles qui travaillent à l'ONF. Si la concertation tourne mal, c'est moi qui me retrouve entre tous les feux aux prochaines élections. Je veux un projet qui avance, mais sans fracture sociale."
Analyse du point de vue :
Représentation
Le territoire = espace de vie où biodiversité et activités humaines doivent coexister — et où la paix sociale est une valeur en soi
Valeur centrale
Institutionnelle + politique — satisfaire l'ensemble de ses administrés, maintenir la cohésion sociale
Intérêt
Projet abouti + maintien de la paix sociale = capital politique préservé
Rôle
L'élu est le garant politique de la démarche — son soutien est indispensable, mais conditionné à l'absence de fracture sociale

💡 À retenir : la commune peut devenir le médiateur naturel entre les parties si elle est bien positionnée — ni du côté des naturalistes, ni du côté des chasseurs, mais garante du processus. Ce rôle doit être construit avec l'élu dès le départ.

Mise en confrontation des points de vue — Tourbière du Lac Noir

La grille jury C8.2 demande explicitement la "mise en confrontation des différents points de vue". Voici ce que cela donne en pratique.

SujetConvergencesDivergencesPoints évolutifs
Valeur de la tourbière Tous reconnaissent la valeur patrimoniale — même les chasseurs y sont attachés Sa protection prime-t-elle sur les usages ? (oui pour SGT/asso, non absolu pour chasseurs) ~ Les chasseurs pourraient accepter des restrictions temporelles (saisons) plutôt que spatiales totales
Restauration hydraulique Tous s'accordent sur le fait que le drainage a abîmé la tourbière Qui porte les travaux ? Qui en bénéficie ? L'ONF veut être associé à la décision technique ~ Un comité technique incluant ONF et chasseurs pour le suivi des travaux pourrait débloquer l'accord
Gestion forestière ONF et SGT s'accordent sur le principe d'une gestion différenciée (pas de coupe à blanc en lisière) Qui décide des modalités ? L'ONF refuse d'être subordonné aux décisions du SGT sur ses parcelles ~ Une convention de gestion ONF/SGT avec co-décision sur les parcelles en interface pourrait fonctionner
Chasse dans les zones d'extension Tous s'accordent sur la nécessité de ne pas chasser pendant les périodes de nidification Les chasseurs refusent toute interdiction permanente ; l'asso veut une interdiction totale sur les zones sensibles ~ Un zonage temporel et spatial co-défini (zones de nidification + calendrier) est potentiellement acceptable

Dynamiques territoriales — critère 2 de C8.2

Le critère 2 évalue la "caractérisation des dynamiques territoriales (externes, internes, tensions)". Ces dynamiques conditionnent le contexte dans lequel se déroule la concertation.

Dynamique interne
Recul progressif de la tourbière
Fermeture naturelle des zones drainées, embroussaillement des lisières, pression de fréquentation touristique en hausse. Ces dynamiques internes amplifient l'urgence du projet.
Dynamique interne
Renouvellement générationnel des chasseurs
Les membres les plus jeunes de la Société de Chasse sont plus ouverts à un dialogue sur la cohabitation chasse/conservation. Cette dynamique interne à l'association est un levier à activer.
Dynamique externe
Réforme de la politique forestière nationale
La loi Forêt 2023 renforce les obligations de l'ONF sur la biodiversité forestière. Cette dynamique externe modifie les marges de manœuvre de l'ONF — potentiellement favorable à un accord.
Dynamique externe
Financements Région Grand Est — deadline 2026
Les crédits alloués par la Région ont une date limite. Si l'accord n'est pas trouvé d'ici 2025, le financement tombe. Cette pression externe peut paradoxalement accélérer la recherche de compromis.
Tension structurelle
Légitimité scientifique vs. légitimité d'usage — la tension centrale
Le conflit fondamental de ce territoire oppose deux sources de légitimité : la légitimité scientifique (données écologiques qui justifient la protection) et la légitimité d'usage (droits et pratiques ancestrales des chasseurs et forestiers). La concertation doit trouver un régime de reconnaissance mutuelle de ces deux légitimités — sans que l'une annule l'autre.
Ne pas oublier personne — qui mobiliser que l'on n'a pas encore identifié ?

Le référentiel M8 insiste : "il ne faut oublier personne." Sur la Tourbière du Lac Noir, plusieurs acteurs peuvent avoir été oubliés dans une première lecture :

  • Les propriétaires fonciers privés des parcelles adjacentes — s'ils ne sont pas dans la démarche, ils peuvent bloquer l'extension foncière
  • Les randonneurs et visiteurs — principal vecteur de fréquentation mais absents du noyau de négociation
  • L'école primaire de la commune — utilisatrice du site pour les sorties pédagogiques (acteur éducatif souvent oublié)
  • Les apiculteurs locaux — si présents sur le territoire, ils ont un intérêt direct dans le maintien des milieux ouverts
  • Les acteurs touristiques — hôteliers, gîtes ruraux qui bénéficient de l'attractivité de la tourbière sans être impliqués dans sa gestion

L'oubli de l'un de ces acteurs peut créer des problèmes en phase de contractualisation ou de mise en œuvre.

Les acteurs multi-casquettes — une ressource méconnue

Le référentiel M8 mentionne les "acteurs multi-casquettes" — des personnes qui sont simultanément plusieurs choses. Ces acteurs sont des ressources précieuses pour la concertation car ils incarnent eux-mêmes la complexité des points de vue.

Sur la Tourbière du Lac Noir, un exemple : le président de la Société de Chasse est également conseiller municipal et emploie deux salariés dont l'un est membre de l'association naturaliste. Cette position multiple lui permet d'être un intermédiaire potentiel entre les parties — à condition de l'identifier et de l'utiliser stratégiquement.

Pour identifier les acteurs multi-casquettes : croiser les listes d'adhérents des associations, du conseil municipal, des exploitations agricoles, des comités de pilotage.

La représentativité — qui représente vraiment qui ?

Une question clé dans toute concertation : les personnes qui participent aux réunions représentent-elles vraiment les groupes qu'elles sont censées représenter ?

  • Le président de la Société de Chasse a-t-il un mandat de ses 47 membres pour négocier des restrictions de chasse ? Ou prend-il des engagements qu'il ne pourra pas tenir ?
  • Le représentant de l'ONF a-t-il un pouvoir de décision sur les coupes programmées, ou doit-il consulter sa direction régionale ?
  • L'association naturaliste représente-t-elle les naturalistes locaux ou seulement ses 180 adhérents les plus actifs ?

Vérifier le mandat de représentation avant de s'engager dans la concertation évite les mauvaises surprises : un accord signé par quelqu'un qui n'avait pas mandat pour signer ne vaut rien.

🧭

② Savoir-être

Accueillir des positions très différentes sans hiérarchiser

La mobilisation des acteurs commence avant la première réunion — dans les rencontres bilatérales où chaque acteur exprime son point de vue. Ces échanges sont précieux mais délicats : le technicien GPN doit recueillir des positions très différentes, parfois contradictoires, sans montrer qu'il en préfère une. Sa neutralité perçue conditionne la confiance que chaque acteur lui accordera.

🎭 Mise en situation — Tourbière du Lac Noir

Scénario : deux entretiens bilatéraux consécutifs

Le matin, tu rencontres le président de l'association naturaliste qui te dit avec passion : "Cette tourbière, c'est le joyau du Haut-Rhin. Les chasseurs et l'ONF la détruisent depuis 20 ans. Il est temps d'agir."

L'après-midi, tu rencontres le président de la Société de Chasse qui te dit : "Les naturalistes veulent juste nous expulser. On entretient ce territoire depuis des générations. Nos ancêtres ont planté ces arbres."

Les deux t'ont parlé avec la même conviction. Les deux attendent de toi une validation implicite de leur point de vue.

❓ Comment te comportes-tu dans chacun de ces entretiens pour maintenir ta crédibilité auprès des deux acteurs ?

Quelle posture traduit le mieux la neutralité professionnelle ?

Accuser réception sans valider — la technique centrale

"Accuser réception sans valider" est la technique fondamentale de l'animateur de concertation. Elle consiste à :

  • Montrer qu'on a entendu et compris : "Si je vous comprends bien, vous dites que…"
  • Reconnaître l'importance de la position pour l'acteur : "Je comprends que c'est une question très importante pour vous."
  • Ne pas valider le contenu : éviter "vous avez raison", "effectivement", "je comprends ce que vous voulez dire" (qui peuvent être interprétés comme une validation)
  • Ne pas invalider non plus : éviter "mais les données montrent que…", "l'autre partie a aussi des arguments"

L'objectif est que chaque acteur se sente écouté et compris — pas qu'il sorte de l'entretien convaincu d'avoir convaincu l'animateur.

🛠️

③ Savoir-faire

Produire la cartographie des points de vue

La cartographie des points de vue est un outil de synthèse qui permet de visualiser, avant la première réunion plénière, l'ensemble des positions, convergences et divergences identifiées lors des entretiens bilatéraux. C'est le matériau de base de l'animation.

1

Conduire les entretiens bilatéraux préalables

Rencontrer individuellement chaque acteur du noyau de négociation avant la première réunion plénière. Utiliser le guide d'entretien semi-directif (leçon 1.3). Objectif : identifier le point de vue complet (position + valeurs + intérêts + craintes). Durée : 45 min à 1h par acteur.

2

Analyser chaque point de vue selon 4 dimensions

Pour chaque acteur : (1) sa représentation de la situation (comment voit-il le territoire et le projet), (2) ses valeurs fondamentales (ce qui ne peut pas être négocié), (3) ses intérêts (ce qu'il cherche à défendre ou à obtenir), (4) ses craintes (ce qu'il veut éviter à tout prix). Ces 4 dimensions ensemble composent un point de vue complet.

3

Identifier les points de convergence, de divergence et les points évolutifs

Croiser les points de vue pour identifier : les convergences (accords potentiels — à valoriser en priorité en réunion), les divergences (désaccords sur les faits ou les valeurs — à gérer avec soin), et les points évolutifs (positions qui pourraient changer avec une information ou une approche différente — à travailler). Le tableau de confrontation est l'outil adapté.

4

Caractériser les dynamiques territoriales qui influencent les positions

Identifier les dynamiques internes (évolutions propres au territoire) et externes (contextes qui s'imposent) qui conditionnent le jeu d'acteurs. Ces dynamiques peuvent être des leviers (un financement qui expire accélère les décisions) ou des contraintes (une réforme réglementaire qui modifie les marges de manœuvre).

5

Préparer l'ordre du jour de la première réunion plénière

En partant de la cartographie des points de vue, définir l'ordre du jour de façon stratégique : commencer par les convergences (pour créer un climat positif), aborder ensuite les points évolutifs (pour faire avancer), traiter les divergences en dernier et progressivement (jamais en confrontation directe dès la première réunion). La leçon 2.4 développe l'animation proprement dite.

✏️ Exercice — Classer les éléments de la confrontation

Ces éléments identifiés sur la Tourbière — convergences, divergences ou points évolutifs ?

📋 Ce que le jury évalue — Critères 1 et 2 de C8.2

Identification + confrontation + dynamiques = 12 pts sur 20

Les critères 1 (points de vue, /6) et 2 (dynamiques territoriales, /6) ensemble représentent 60% de la note de C8.2. La fiche C8.2 doit montrer clairement : qui sont les acteurs, quel est leur point de vue complet (pas juste "pour" ou "contre"), comment leurs positions divergent et convergent, et quelles dynamiques territoriales conditionnent le dialogue.

💡 Ce qui distingue une fiche C8.2 excellente : elle ne se contente pas de lister les acteurs et leurs positions. Elle montre les interactions entre points de vue (ce qui converge, ce qui diverge, ce qui peut évoluer) et elle lie ces points de vue aux dynamiques du territoire (internes et externes).

📊

④ Évaluation

Je me situe par rapport aux critères 1 et 2 de C8.2

bonnes réponses sur 4

Auto-évaluation — Critères 1 et 2 de C8.2

Indicateur du jury E8Mon niveau
Je sais identifier le point de vue complet d'un acteur (position + valeurs + intérêts + craintes) — pas seulement sa position
Je sais mettre les points de vue en confrontation en distinguant convergences, divergences et points évolutifs
Je sais caractériser les dynamiques territoriales internes, externes et les tensions qui conditionnent le dialogue