Moment : Ouverture de la 1ère réunion plénière. Tous les acteurs sont présents pour la première fois ensemble (SGT, Société de Chasse, ONF, association naturaliste, commune).
Question posée : "En une phrase, qu'est-ce que vous espérez tirer de ce processus de concertation — et qu'est-ce que vous craignez ?"
Ce que ça permet : Révèle immédiatement les tensions non dites (les chasseurs diront probablement leur crainte d'être exclus ; les naturalistes leur impatience). En les entendant dès l'ouverture, l'animateur peut adapter son animation et les acteurs savent qu'ils ne sont pas seuls à avoir des inquiétudes.
- Garantit que chaque voix est entendue
- Réduit l'effet de monopolisation dès le départ
- Crée un sentiment d'équité entre participants
- Facile à animer, aucun matériel
- Utile en ouverture ET en clôture
- Linéaire — ne favorise pas l'émergence d'idées collectives
- Peut être vécu comme formel ou scolaire si mal introduit
- Les derniers à parler tendent à se répéter plutôt qu'à apporter du nouveau
- Chronophage avec un groupe nombreux
Moment : 2e réunion plénière — phase d'exploration des règles de gestion acceptables pour les zones d'extension. 18 participants dont chasseurs, forestiers, naturalistes, élus, SGT.
Composition des groupes : Groupe 1 : 2 chasseurs + 1 ONF + 1 naturaliste + 1 élu + 1 SGT. Groupe 2 : 1 chasseur + 2 ONF + 2 naturalistes + 1 commune. Groupe 3 : 2 chasseurs + 1 ONF + 2 associations + 1 SGT.
Question posée : "Quelles règles sur la chasse et la gestion forestière dans les 30 ha d'extension vous semblent à la fois protectrices pour la tourbière et acceptables pour votre activité ?"
Résultat attendu : Les chasseurs en groupe mixte tendent à formuler des compromis plus nuancés qu'en groupe homogène. Les formulations produites en sous-groupe peuvent devenir la base d'un accord provisoire.
- Donne la parole aux participants discrets
- Fait émerger beaucoup d'idées rapidement
- Les groupes mixtes produisent souvent des compromis inattendus
- Brise les clans par la composition des groupes
- Nécessite un espace permettant plusieurs groupes simultanés
- La qualité dépend beaucoup de la constitution des groupes
- Les restitutions peuvent être répétitives si les groupes ont toutes trouvé les mêmes idées
- Demande un preneur de notes par groupe — ou un rapporteur fiable
Moment : Grande réunion publique en soirée (25 à 40 participants), phase d'exploration des attentes et des craintes. Questions par table : Table A "Que souhaitez-vous voir dans la tourbière dans 10 ans ?", Table B "Qu'est-ce qui vous inquiète dans ce projet ?", Table C "Quelles activités humaines vous semblent compatibles avec la protection de la tourbière ?", Table D "Que vous apporte aujourd'hui la tourbière ?"
Intérêt spécifique : Le format "café" réduit la formalité et libère la parole, notamment des participants habituellement silencieux en réunion formelle. Les chasseurs peuvent s'exprimer à la table B sans être face aux naturalistes — ce qui leur permet de formuler des craintes plus nuancées.
- Atmosphère conviviale — libère la parole
- Les idées s'enrichissent d'une table à l'autre
- Fonctionne très bien avec des groupes nombreux
- Les nappes constituent un document de travail réutilisable
- Nécessite un espace suffisant pour plusieurs tables séparées
- La qualité dépend des questions posées et des hôtes de table
- Ne conduit pas directement à des décisions — phase d'exploration uniquement
- Difficile à mener sans avoir préparé les hôtes en amont
Tronc : "Dégradation progressive de la tourbière du Lac Noir et perte de biodiversité associée."
Racines (causes) : Drainage forestier des années 1970–1990 · Absence de gestion hydraulique active · Sur-fréquentation touristique non régulée · Fragmentation des espaces naturels · Absence de gouvernance partagée sur les zones tampons · Conflit d'usage non résolu entre chasse et conservation.
Branches (effets) : Disparition des espèces tourbicoles (droséra, linaigrette) · Réduction de la surface de tourbière active · Conflits sociaux entre acteurs · Non-respect potentiel des obligations RNR · Perte d'attractivité touristique à terme · Dégradation de l'identité territoriale.
Moment clé : Quand les chasseurs voient dans les branches que le conflit d'usage non résolu est une des causes de la dégradation, ils peuvent comprendre qu'ils contribuent au problème sans en être les seuls responsables. Cette prise de conscience est un levier de dialogue.
- Produit une vision systémique partagée — pas seulement des positions
- Permet de dépasser les accusations mutuelles vers une analyse commune
- Le résultat (l'arbre) est un document visuel réutilisable
- Peut être transformé en arbre d'objectifs pour le plan d'action
- Demande un animateur solide pour gérer les désaccords sur les causes
- Peut dériver vers un exercice de désignation de coupables si mal cadré
- Chronophage avec un groupe nombreux ou très conflictuel
- Nécessite que les acteurs acceptent une vision systémique — pas toujours acquis
Moment : Après le Phillips 6×6 où 18 propositions de règles de gestion ont émergé. Il faut prioriser pour ne retenir que 5 à 6 règles à travailler dans les prochaines réunions.
Propositions affichées : Interdiction de chasse du 1er avril au 31 juillet (période nidification) · Gestion différenciée par zones (A : pas de chasse, B : chasse régulée, C : libre) · Convention de co-gestion SGT-ONF pour la lisière · Balisage des zones de nidification · Comité de suivi écologique avec représentant des chasseurs · Compensation hydraulique du drainage forestier · etc.
Résultat attendu : Le comité de suivi écologique avec représentant des chasseurs reçoit probablement beaucoup de points — car les chasseurs y voient une reconnaissance de leur expertise, et les naturalistes y voient un outil de contrôle. C'est un point de convergence inattendu révélé par le vote.
- Rapide — 15 minutes pour prioriser une longue liste
- Visuel et immédiatement lisible par tous
- Révèle des convergences non anticipées
- Facile à mettre en place, peu de matériel
- Ne remplace pas une décision formelle
- Sensible à l'effet de groupe si les votes ne sont pas simultanés
- Une proposition très votée peut cacher un désaccord profond sur sa mise en oeuvre
- Ne convient pas pour les décisions binaires (oui/non)
Moment : 1ère réunion plénière — après la présentation du diagnostic partagé. Question posée : "Qu'est-ce qui est absolument non négociable pour vous dans ce projet ?"
Ce qui peut émerger : Post-its chasseurs : "Maintien d'au moins 15 ha de chasse ouverte" · "Reconnaissance de notre expertise faune" · "Indemnisation si restriction du bail". Post-its ONF : "Co-décision sur les pratiques forestières" · "Compensation des coupes perdues". Post-its naturalistes : "Interdiction de chasse pendant la nidification" · "Restauration hydraulique prioritaire". Post-its SGT : "Extension d'au moins 25 ha" · "Accord signé avant fin 2025".
Ce que le regroupement révèle : Un thème "reconnaissance et inclusion" émerge des trois groupes (chasseurs, ONF, naturalistes). C'est une convergence inattendue sur le besoin d'être reconnu comme acteur légitime — un levier pour la suite du dialogue.
- Le silence initial évite l'influence du groupe
- Donne la parole aux participants discrets
- Résultats visibles et manipulables collectivement
- Le regroupement est lui-même un acte de co-construction
- Nécessite que tous sachent lire et écrire — adapter si nécessaire
- Le regroupement peut être contesté si mal conduit
- Les post-its anonymes peuvent parfois décourager la responsabilisation
- Ne remplace pas la discussion — c'est une phase préalable
Moment : 3e réunion — après deux séances où les positions se sont cristallisées. Les chasseurs et les naturalistes ne s'écoutent plus vraiment.
Rôles distribués : Le président de la Société de Chasse joue le rôle du naturaliste ; le directeur de l'association joue le chasseur ; un représentant du SGT joue l'ONF ; l'ONF joue la commune.
Situation jouée : "La Région Grand Est propose de réduire le financement de 20% si un accord n'est pas trouvé d'ici 3 mois. Chacun réagit depuis son rôle."
Ce que le débrief révèle souvent : Le chasseur ayant joué le naturaliste découvre que la crainte principale des naturalistes n'est pas l'argent mais la perte d'espèces irréversible. Le naturaliste ayant joué le chasseur comprend que la résistance tient plus à l'identité territoriale qu'à la chasse elle-même. Ces découvertes réciproques débloquent souvent des négociations bloquées.
- Développe l'empathie et la compréhension réciproque
- Peut débloquer des situations de cristallisation
- Le débrief produit des insights souvent plus riches que le jeu lui-même
- Très mémorable — les participants s'en souviennent longtemps
- Certains participants refusent de jouer — ne jamais forcer
- Peut mal tourner si les participants exagèrent caricaturalement les rôles
- Nécessite une préparation soignée des fiches de rôles
- Le débrief doit être bien animé — sinon le bénéfice est perdu
Moment : Fin de la 1ère réunion plénière — synthèse visuelle de tout ce qui a été dit pendant la réunion.
Branches principales : 🌿 Biodiversité (espèces, habitats, fonctions hydrologiques) · 🦌 Chasse (bail 2029, zones, périodes) · 🌲 Forêt (coupes ONF, lisières, gestion différenciée) · 🚶 Fréquentation (sentier, balisage, pédagogie) · 🏛️ Gouvernance (SGT, commune, Région, outils) · 💰 Financements (Région, Agence de l'eau, délais).
Connexion inattendue révélée : La branche "Chasse" et la branche "Biodiversité" partagent un élément : les zones humides du fond de vallon que les sangliers creusent créent des micro-habitats pour les amphibiens. Ce fait, non connu de tous, change la perception des naturalistes sur la chasse au sanglier — potentiellement utile pour la biodiversité si régulée.
- Représente la complexité sans la réduire
- Fait apparaître des connexions non anticipées entre enjeux
- Produit un document visuel réutilisable tout au long du processus
- Accessible aux participants visuels qui s'ennuient avec les listes
- Peut devenir illisible si trop développée
- Nécessite un grand espace mural et du matériel adapté
- Ne conduit pas directement à des décisions
- Certains participants peu à l'aise avec les représentations visuelles
Tableau récapitulatif — Choisir le bon outil
| Outil | Objectif principal | Idéal pour | Durée | Voir |
|---|---|---|---|---|
| Tour de table | Expression équitable de chacun | Ouverture, clôture, validation | 10–30 min | |
| Phillips 6×6 | Production d'idées en sous-groupes | Grands groupes, exploration | 35–40 min | |
| World café | Exploration multi-thèmes | Réunions publiques, grande diversité | 75–90 min | |
| Arbre à problèmes | Analyse systémique partagée | Diagnostic, phase préalable aux solutions | 50–60 min | |
| Vote par point | Priorisation collective | Après un brainstorming, sélectionner | 15–20 min | |
| Post-its + regroupement | Expression individuelle + thématisation | Participants discrets, sujets sensibles | 35–45 min | |
| Jeu de rôle | Empathie et prise de perspective | Positions cristallisées, blocages | 50–60 min | |
| Carte mentale collective | Représentation visuelle de la complexité | Diagnostic, synthèse, connexions | 40–50 min |